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Pierre-André de Chalendar : Je suis pour une écologie incitative et raisonnée
LE CLIMAT

Pierre-André de Chalendar : Je suis pour une écologie incitative et raisonnée

5min
#LE CLIMAT Entreprises

Le PDG de Saint-Gobain explique pourquoi la rénovation énergétique des bâtiments est l’un des secteurs clés de la relance économique. Il souligne que la pandémie l’a convaincu des bienfaits de la décentralisation et plaide pour « un usage modéré de la loi ». Pierre-André de Chalendar constate que la finance et les salariés, et tout particulièrement la jeune génération, sont les deux forces qui « poussent » les entreprises à réduire leur empreinte environnementale.

SOCIÉTAL.- La crise sanitaire et économique a-t-elle conforté la stratégie du groupe Saint-Gobain ?

Pierre-André de Chalendar.- La crise accélère les tendances que Saint-Gobain avait déjà pris en compte dans sa stratégie. Qu’il s’agisse de la globalisation qui est questionnée avec le retour des États et l’aspiration à plus de souveraineté, de l’explosion du digital dans le commerce électronique et la manière de travailler, et de l’exigence environnementale. Le phénomène nouveau est que l’opinion publique et les responsables politiques établissent un lien beaucoup plus évident entre santé, bien-être et protection de la planète. Voilà pourquoi nous ne reviendrons pas en arrière et pourquoi nous entrons dans un monde plus local, plus digital et plus durable.

Comment un groupe mondial présent dans 68 pays et employant 171 000 salariés peut-il être plus local ?

J’ai changé radicalement l’organisation de Saint-Gobain il y a dix-huit mois. Nous avons supprimé les responsabilités mondiales par produits et métiers. Notre organisation, simplifiée, par pays et par marchés, nous permet une plus grande proximité avec nos clients. Ainsi, le groupe est plus décentralisé et organisé en fonction de ses clients dont 80% sont locaux et travaillent dans le monde de la construction. Ce choix nous a donné une bien meilleure réactivité pendant la crise car nous avons été confrontés à des situations et à des autorités politiques très différentes.

 

L’opinion publique a basculé pendant la crise et a compris le lien entre santé, bien-être et environnement.

 

Faut-il craindre la montée du protectionnisme ? Le retour en force du rôle des États ?

Nous entrons dans un monde plus local où il y aura moins d’échanges. Cela ne sera pas bénéfique pour le consommateur car la globalisation a permis de sortir de la pauvreté des milliards de personnes. Le retour des États qui s’exacerbe, peut avoir des bons et des mauvais côtés. Il peut favoriser une empreinte carbone plus faible. Il peut aussi s’accompagner d’un retour au protectionnisme et au nationalisme. Ce qui serait dangereux. Le rôle des entreprises est de s’insérer dans cet univers.

Accélérez-vous votre transformation digitale ?

Nous avions lancé avant la pandémie une transformation digitale dans nos relations avec nos clients, dans nos usines et dans notre manière de travailler. Près de 10% des collaborateurs que le groupe recrute possèdent un profil digital. Pendant le confinement, nous avons développé le télétravail comme beaucoup d’entreprises. Nous ne reviendrons pas en arrière dans ce domaine. C’est un changement très important. Les ventes réalisées grâce au commerce électronique ont explosé durant cette période. Les artisans de la région parisienne, par exemple, achètent dans nos enseignes de La Plateforme du Bâtiment. Les commandes sur internet de ce « cash and carry » de la profession représentaient 5% de ses ventes avant la crise. Elles ont atteint 75% pendant la crise. Elles représentent actuellement environ 10% des commandes. Nous avons réalisé en trois mois des progrès que nous avions prévu de faire en trois ans.

Le groupe va-t-il innover toujours plus dans la rénovation thermique des bâtiments et le développement durable ?

Le groupe est depuis très longtemps en pointe sur ce sujet. Il est en effet à la fois un émetteur de CO2 et un des plus gros contributeurs à la réduction des gaz à effet de serre.

Notre business model repose sur l’offre de produits qui permettent d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. Environ 60% de nos produits et solutions contribuent directement ou indirectement à la réduction des émissions de CO2. Nous sommes donc une petite partie du problème et une partie importante de la solution. Nous avons également pris des engagements lors de la COP21 qui s’est déroulée à Paris en 2015 afin d’améliorer notre empreinte environnementale à l’horizon 2025. Nous les tiendrons. Nous avons repris des engagements en 2019 afin d’être neutres en carbone à l’horizon 2050. Ces engagements très ambitieux nous obligent à revoir entièrement nos procédés et à réaliser d’importants efforts de recherche.

La relance économique doit-elle être verte ?

La relance est verte. C’est un engagement du président de la République Emmanuel Macron. C’est un axe majeur de l’Europe qui a pris une décision historique en décidant un plan de relance à 750 milliards d’euros. Les parlementaires français et européens le souhaitent. Ils pourraient verdir encore plus la relance.

Quels secteurs bénéficieront de la relance ?

La rénovation énergétique est l’un des secteurs qui en bénéficiera en France et dans beaucoup d’autres pays européens. La mobilité durable ainsi que l’économie circulaire, deux sujets sur lesquels Saint-Gobain travaille aussi activement, seront concernés.

Quelle est la raison de cette prise de conscience ?

Les responsables politiques réagissent ainsi parce que, comme je l’ai dit précédemment, l’opinion publique a basculé pendant la crise et a compris le lien entre santé, bien-être et environnement. Investir des sommes importantes dans ces domaines devient d’autant plus évident que c’est nécessaire.

Les actionnaires et les investisseurs vous poussent-ils à prendre toujours plus d’engagements climatiques ?

Je n’ai pas attendu que les actionnaires et les investisseurs demandent que le groupe réduise son empreinte environnementale pour le faire. Je constate simplement que les thèmes environnementaux, sociaux et de gouvernance sont devenus des thèmes majeurs.

 

Les pays qui ont pris les meilleures décisions face à la pandémie, ont été les pays les plus décentralisés.

 

Pour quelles raisons ?

Deux grandes forces poussent les entreprises à agir, pour celles qui ont besoin d’être encouragées à réduire leur empreinte environnementale.

La première est celle du monde de la finance. Les banques, pour répondre aux demandes de leurs actionnaires, jouent un rôle important. Les grands fonds ont également évolué. Jusqu’il y a deux ou trois ans, les thèmes de l’environnement étaient portés par des départements spécialisés. Les dirigeants d’entreprise devaient surtout expliquer les résultats trimestriels de la société lors des rencontres avec les investisseurs. Aujourd’hui, les grands fonds sont poussés par leurs mandants, qui peuvent être des fonds de pension, à s’intéresser au changement climatique. La deuxième force est celle des salariés. Notamment les jeunes. Je sais qu’à chaque entretien d’embauche que nos Ressources humaines réalisent, une question leur est posée sur ce thème. Depuis six mois, à chaque réunion de cadres à laquelle je participe, je dois répondre à un manager qui m’explique que ses enfants lui demandent si l’entreprise dans laquelle il travaille et participe au bien de la planète.

Mais tout le monde n’est pas convaincu de la réalité du réchauffement climatique. Des personnalités de premier plan, dont le président des États-Unis Donald Trump, en doutent.

Les deux forces que représentent le monde de la finance et les salariés sont plus importantes que Donald Trump.

Les salariés ont-ils vraiment ce pouvoir ?

Si les produits de Saint-Gobain qui soutiennent la transition énergétique, les valeurs du groupe et son engagement à agir en faveur de la protection de l’environnement ont toujours été plébiscités par nos salariés et les candidats postulant, des entreprises ont changé de position sur le réchauffement climatique parce qu’elles n’arrivaient plus à recruter les personnes qu’elles souhaitaient.

Les responsables politiques sont-ils favorables à la transition climatique ?

La conversion de la classe politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, s’est accélérée dans tous les pays européens. Les résultats des élections municipales en France sont révélateurs de cette évolution.

À quel niveau les décisions doivent-elles être prises ? Au niveau européen ? National ?

L’Europe a joué un rôle important au niveau réglementaire dans le secteur du bâtiment. Les États, dont la France, ont transcrit les directives européennes portant sur l’efficacité énergétique des bâtiments neufs et anciens. L’Europe va également jouer un rôle important au niveau des aides avec le Green Deal.

L’État doit-il laisser plus d’initiatives aux élus locaux ?

Je suis devenu plus décentralisateur que je ne l’étais avec la crise de la Covid-19. Je suis partisan d’augmenter le rôle des responsables locaux. Les grandes villes ont souvent pris des décisions environnementales plus fortes que celles prises au niveau national. Les maires sont proches des citoyens. Le niveau local est le plus adapté pour traiter les dossiers du logement et de la ville. C’est aussi une bonne manière de redonner confiance aux consommateurs.

La décentralisation permet-elle de prendre de meilleures décisions ?

La crise a montré que la centralisation cumulée avec le principe de précaution ne marche pas bien.

En France l’égalité de traitement a imposé que le confinement soit le même pour tous dans toutes les régions. Certains ont même poussé des cris d’orfraie quand ils ont découvert que le gouvernement voulait créer des zones rouges et des zones vertes. Le déconfinement a été organisé, lui, de façon plus girondine. Les pays qui ont pris les meilleures décisions face à la pandémie, ont été les pays les plus décentralisés.

Les régions peuvent-elles jouer un rôle comme le propose le Haut Conseil pour le climat ?

La région peut évidemment jouer un rôle. Mais l’échelon pertinent est la communauté de communes. Cette instance est la plus au contact des réalités locales et plus proche des citoyens. C’est pourquoi il serait intelligent de traduire au niveau local l’exigence minimale de performance dans les plans locaux d’urbanisme (PLU). C’est déjà le cas pour l’assainissement et le ravalement.

Le gouvernement vous a demandé de réunir un groupe de travail sur la rénovation énergétique des bâtiments. Quelles sont ses propositions ?

Une des propositions du groupe de travail concerne l’exigence énergétique minimum de performance. La convention citoyenne a également présenté sur ce sujet des propositions plus fortes que celles qui sont inscrites dans la loi Énergie Climat. Afin de réconcilier les deux et d’aller plus vite que la loi Énergie Climat, je pense qu’il faudrait transférer rapidement la responsabilité de ce sujet aux collectivités locales qui le souhaitent en mettant en place des incitations.

 

Le prix du carbone ne doit pas dépasser 100 euros la tonne. Au-delà du seuil de 100 euros la tonne, l’Europe industrielle ne sera plus compétitive.

 

Co-président de la Fabrique de l’Industrie, vous êtes favorable à une taxe carbone aux frontières de l’Europe[1]. Est-il possible de mettre en place rapidement une mesure aussi complexe sur le plan technique et politique ?

Mettre en place une taxe carbone est très compliqué. Ce sujet ne peut être traité qu’au niveau européen et cela n’aurait évidemment aucun sens de la faire au niveau d’un pays, sachant que certains pays, comme l’Allemagne, ont plus à perdre que d’autres. Il faut donc faire preuve de pragmatisme. La bonne solution qui se dégage est de se doter d’un mécanisme d’inclusion carbone aux frontières de l’Europe qui pourrait être testé dans plusieurs secteurs industriels dans un premier temps.Ce dispositif a retenu l’attention de la Commission européenne. Cette approche a le mérite d’éviter les « fuites de carbone », c’est à-dire les délocalisations d’usines en dehors de l’Europe vers des régions pratiquant une politique environnementale plus souple et où le prix du carbone est plus faible qu’en Europe. L’Europe industrielle ne doit pas perdre en compétitivité et se tirer une balle dans le pied. Cela ne serait pas bon pour la planète car les usines déplacées en dehors de l’Europe seraient de moins bonne qualité sur le plan du CO2.

À partir de quel prix du carbone, l’Europe industrielle est-elle menacée ?

Sans mécanisme aux frontières, le prix du carbone ne doit pas dépasser 100€ la tonne. Au delà du seuil de 100€ la tonne, l’Europe industrielle ne sera plus compétitive.

En quelle année, ce mécanisme peut-il être mis en place ?

Ce sujet complexe demande du temps. Mais les industriels ont besoin de visibilité. Ils investissent dans une usine pour trente ans. Il est donc nécessaire de traiter ce dossier dès maintenant.

La transformation climatique crée-t-elle des emplois ? En détruit-elle ? Est-ce un changement positif pour le bâtiment ?

La rénovation énergétique des bâtiments permet de réduire les importations d’énergie. C’est donc positif pour la balance commerciale et la planète. C’est aussi très positif pour les emplois locaux. Le bâtiment peut créer des emplois en nombre significatif dans les prochaines années. De son côté, Saint-Gobain coche toutes les cases positives.

Les salariés devront-ils être formés ?

La formation est un sujet important. Des efforts ont déjà été faits. Le gouvernement a pris des mesures comme le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) qui permet aux particuliers faisant appel à une société « RGE » de bénéficier d’aides publiques. Je souhaite que le bâtiment accélère et développe les efforts de formation. Nous devons monter en gamme et renforcer l’attractivité de nos métiers. Il faut aussi réfléchir à la reconversion des salariés des secteurs affaiblis par la crise et touchés par la transition climatique.

Le risque climatique peut-il entraîner la disparition d’entreprises incapables de s’adapter à la nouvelle donne ?

Il faut avoir une approche schumpétérienne et être lucide.

Certains secteurs connaîtront des destructions d’emploi parce qu’ils seront moins utiles à l’économie. Il faudra donc les accompagner. Mais au final la transition climatique sera créatrice d’emplois.

 

Au final la transition climatique sera créatrice d’emplois.

 

Est-il possible de « verdir » l’économie rapidement comme l’affirment les adeptes du nouveau monde ?

Cela prendra beaucoup de temps. Prenons l’exemple du bâtiment. Ce secteur représente un tiers des émissions de gaz à effet de serre émises en Europe. 1% du parc est rénové chaque année. Le neuf représente lui aussi 1% du parc immobilier. Ce ne sont donc que 2% du parc qui chaque année verront les émissions de gaz à effet de serre réduites de 80%. Il faudrait 30 ans pour traiter l’ensemble du parc immobilier en triplant le rythme des rénovations. Même si des efforts significatifs sont réalisés chaque année, cela prendra donc du temps.

Chaque secteur industriel devra se transformer à son propre rythme...

Les mutations seront plus ou moins rapides selon les secteurs car il n’existe pas de solution valable pour toute l’industrie. Chaque secteur industriel a ses caractéristiques. Par exemple produire de l’hydrogène vert coûte aujourd’hui très cher.

Dans un grand groupe comme Saint-Gobain, les problématiques sont également différentes selon les lignes de produit.

Des investissements importants sont-ils nécessaires pour développer des innovations « vertes » ?

Dans le bâtiment, les solutions existent déjà. Les innovations importantes sont permanentes. Quelques-unes sont des innovations de rupture. Par exemple dans le vitrage. Mais ce sont essentiellement des innovations incrémentales qui proposent plus de confort, de facilité de pose, de productivité. Par contre Saint-Gobain doit continuer de réaliser d’importants efforts en recherche et développement pour améliorer les procédés de production dans ses différents métiers afin qu’ils soient neutres en carbone.

La justice climatique est en marche. Les États et les entreprises sont attaqués devant les tribunaux. Craignez-vous que les entreprises deviennent de plus en plus la cible des consommateurs et des associations ?

Je ne suis pas partisan d’aller dans cette direction. La notion de crime écocide est dangereuse. Il ne faut pas être idéologue mais pragmatique.

Comment jugez-vous les 150 propositions de la Convention citoyenne pour le Climat ?

Beaucoup de ces propositions sont très intéressantes. Mais d’autres relèvent de la coercition et sont à côté du réel. Traduire les États devant les tribunaux parce qu’ils n’auraient pas respecté leurs engagements climatiques ne rime pas à grand-chose. L’idéologie n’est pas un bon moyen pour progresser car il faut embarquer tout le monde. Je suis pour une écologie incitative et raisonnée. Je suis contre une écologie punitive.

La transition climatique crée-t-elle de la croissance ?

Bien sûr. C’était le thème du livre Notre combat pour le climat que j’ai écrit lors de la COP2015. La décroissance est une catastrophe. Je suis très opposé à tous ceux qui prêchent la décroissance. La crise de la Covid en est la plus grande illustration. Pendant la très forte décroissance vécue pendant trois mois, les émissions de CO2 ont certes diminué mais pas assez. Il faut donc une croissance inclusive verte. La rénovation énergétique des bâtiments permet de créer de la croissance. Tout l’enjeu est de décorréler la croissance de la consommation d’énergie carbonée. Les pays scandinaves montrent depuis plusieurs années que c’est possible.

 

Une entreprise ne peut pas avoir comme alpha et oméga le seul intérêt de ses actionnaires.

 

Le capitalisme est accusé d’être le grand responsable du réchauffement climatique...

Cette thèse est grotesque. Cela n’a rien à voir. Regardons ce qui se passe en Chine.

Faut-il imposer des règles au marché pour favoriser la transition climatique ?

Je ne suis pas un fanatique du marché à tout crin. Il faut bien sûr réguler le système économique et infléchir les mécanismes de marché. Il existe des instruments pour cela. Fixer un prix au carbone. Mettre en place un mécanisme d’inclusion aux frontières. La réglementation est aussi un très bon dispositif. Mais le capitalisme est capable de s’autoréguler sur beaucoup de sujets. L’évolution des demandes des actionnaires en est la preuve.

Les lois ne sont pas nécessaires pour faire évoluer les entreprises...

En France, on a tendance à traduire la responsabilité sociétale des entreprises en lois. Mais les entreprises ont mené de nombreuses actions volontaires. Elles définissent leur raison d’être à laquelle je suis très favorable car elles ont besoin d’être attractives. L’État ne doit pas se mêler de tout. Il faut faire un usage modéré de la loi.

Un conseil d’administration doit-il écouter les seuls actionnaires ou l’ensemble des parties prenantes ?

Ces deux théories – shareholders et stakeholders – se sont affrontées ces trente dernières années. Je suis un partisan de la deuxième solution, celle des parties prenantes. Je l’ai expliqué lors de l’assemblée générale quand j’ai été nommé président. C’était il y a 10 ans... Une entreprise ne peut pas avoir comme alpha et oméga le seul intérêt de ses actionnaires. De grands groupes américains abandonnent la première théorie. Là encore, cela s’est fait par autorégulation.

Les salariés sont-ils favorables à ce que les entreprises se dotent d’une raison d’être ?

Les salariés demandent de plus en plus que leur travail ait un sens. Saint-Gobain, dont l’ambition stratégique de concevoir, produire et distribuer des matériaux et des solutions pensés pour le bien-être de chacun et l’avenir de tous est bien connue, dévoilera sa raison d’être à la rentrée.

Êtes-vous favorable à l’augmentation du nombre de représentants des salariés dans les conseils d’administration ?

Saint-Gobain compte des administrateurs salariés avec lesquels nous avons des échanges très constructifs. Il est possible d’aller plus loin à condition de le faire progressivement étant donné la culture d’entreprise en France.

Cela demande de la maturité. Les grandes entreprises allemandes pratiquent la cogestion parce que leurs interlocuteurs syndicaux ne mènent pas la même politique que les syndicats français.

La crise économique et sociale sera-t-elle une catastrophe comme l’affirment certains responsables politiques et des experts ? Les disparitions de  petites entreprises et d’artisans seront-elles nombreuses ?

Je ne suis pas en phase avec le catastrophisme ambiant. Je ne constate pas ces faits dans la réalité. Des secteurs comme le tourisme et l’aéronautique sont très touchés. Il existe des incertitudes. Mais le nombre d’artisans qui font faillite est à ce jour identique à celui de 2019. Nous jouons notre rôle de banquier auprès des artisans comme nous le faisons en temps normal.

Je suis optimiste. Notre troisième trimestre 2020 est meilleur que celui de 2019. La relance verte va tirer l’activité. Le profil de croissance de Saint-Gobain post-Covid sera supérieur à celui d’avant la crise sanitaire.

Propos recueillis par Aude de Castet et Yann Le Galès

2050

Saint-Gobain s’engage sur la neutralité carbone

-14,5%

réduction des émissions de CO2 entre 2010 et 2019 (objectif 2025 : -20%)

8 461 903

tonnes de matières premières naturelles vierges ont été non prélevées (sable, gypse) grâce aux actions de Saint-Gobain en faveur de l’économie circulaire

À propos de : 

Pierre-André de Chalendar est diplômé de l’ESSEC et ancien élève de l’École nationale d’administration.

Ancien Inspecteur des Finances, il a été adjoint du Directeur Général chargé de l’Énergie et des Matières Premières au ministère de l’Industrie. Pierre-André de Chalendar entre en 1989 à la Compagnie de Saint-Gobain comme Directeur du Plan.

Il occupe ensuite les postes de viceprésident des Abrasifs Europe entre 1992 et 1996, président de la branche Abrasifs de 1996 à 2000, délégué général de la Compagnie pour le Royaume-Uni et la République d’Irlande de 2000 à 2002.

Pierre-André de Chalendar est nommé en 2003 directeur général adjoint de la Compagnie de Saint-Gobain en charge du pôle Distribution Bâtiment. Il est nommé directeur général délégué de la Compagnie de Saint-Gobain en 2005, puis élu administrateur en 2006.

Il est nommé directeur général de la Compagnie de Saint-Gobain en 2007 et PDG depuis 2010. Pierre-André de Chalendar est par ailleurs administrateur de BNP Paribas.

Il est vice-président d’Entreprises pour l’Environnement, qu’il présida de 2012 à 2015. Pierre-André de Chalendar est nommé depuis juillet 2017 co-président de La Fabrique de l’Industrie et président du Conseil de surveillance de l’ESSEC depuis février 2019.

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