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Sociétal - Michel Pébereau
LE CLIMAT

Michel Pébereau : Nous avons besoin des conseils des économistes

5min
#LE CLIMAT Conférence

Académicien, le président d’honneur de l’Institut de l’Entreprise analyse pourquoi « les avis éclairés » des économistes sont essentiels pour comprendre un enjeu aussi important que le climat dans un environnement déstabilisé.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est vraiment pour moi un honneur et un plaisir de vous accueillir ce soir - jeudi 27 février - à l’Institut de France, non seulement en ma qualité de membre de l’Académie des sciences morales et politiques, mais également en tant que président d’honneur de l’Institut de l’Entreprise, pour la troisième conférence Sociétal organisée en partenariat entre l'Académie des sciences morales et politiques et Sociétal, le média de l'Institut de l'Entreprise. 

Notre premier grand témoin a été Pierre-André Chiappori, professeur à l'université de Columbia et membre de l'Académie des sciences morales et politiques sur le thème des inégalités. Notre second témoin Suzanne Berger, professeur au MIT est intervenu sur le thème de la mondialisation et de la démocratie. Notre invité ce soir est Christian Gollier, directeur général de la Toulouse School of Economics qui a publié " Le climat après la fin du mois". Il abordera le thème du climat.  

Ces conférences se situent dans la ligne de mon engagement de longue date et de celui de l’Institut de l’entreprise pour faire progresser la culture économique dans notre pays. 

Nous sommes dans une situation où nous avons vraiment besoin des conseils des économistes. Notre environnement est en effet sérieusement déstabilisé, au niveau mondial, au niveau européen et au niveau national. Le populisme en est pour une part responsable.

Au niveau international, nous avions l’habitude du monde mis en place par les américains au lendemain de la deuxième guerre mondiale : des relations économiques et financières entre les pays fondées sur deux grands principes, le libéralisme et la coopération, et le multilatéralisme pour régler les problèmes qui peuvent se poser. Or le Président des Etats-Unis est en train de remettre en cause les institutions et les règles du jeu de cet ordre international. Dans le même temps, la Chine, acquise à l’économie de marché mais peu à la démocratie à l’occidentale, se développe à pas de géant, et applique ses propres règles.

Au niveau de l’Europe, la nouvelle patrie que nous étions en train de bâtir, le Royaume-Uni quitte la Maison et nos gouvernements, chahutés par les populismes, ne parviennent pas à relancer la construction de la zone euro et à définir pour l’Europe une vision susceptible de séduire les jeunes générations.

Au niveau national, nous ne sommes pas complétement guéris de la crise des gilets jaunes et nous ne parvenons toujours pas à stopper l’inquiétante progression de nos dépenses publiques – la condition pour retrouver notre crédibilité auprès des autorités européennes et de notre partenaire allemand.

Sur toutes ces questions, nous avons besoin d’avis, éclairés, d’économistes. Nous avons la chance d’avoir à Toulouse, un des deux meilleurs centres de recherche économique en Europe, celui de notre prix Nobel Jean Tirole, qui est placé sous la direction générale de Christian Gollier.  

Nous sommes rassemblés ce soir pour réfléchir ensemble à l'un des enjeux majeurs auquel nos sociétés sont confrontées : le climat et les solutions pour préserver la planète et la croissance. La thématique choisie par Christian Gollier, « Le climat après la fin du mois : plaidoyer pour le prix du carbone », nous permettra de confronter nos points de vue sur des questions essentielles : quelles politiques économiques les États doivent-ils engager pour lutter contre le réchauffement climatique ? Quelle coordination est nécessaire au niveau européen et international ? Comment convaincre l'opinion publique qui plaide pour des politiques volontaristes sur le climat mais qui, avec les gilets jaunes, vient rejeter la taxe carbone ?   

Économiste, Christian Gollier est directeur général de Toulouse School of Economics (TSE). Directeur de recherche à l'Institut d’Économie Industrielle, il enseigne au sein de l'école d'économie de TSE. Il est président de l’Association européenne des économistes de l’environnement, et est également membre du Laboratoire d'Économie des Ressources Naturelles, unité de recherche en économie de l'environnement, associée à l'INRA et au CNRS. Il est aussi membre de l’Institut Universitaire de France, et du conseil d'administration de La Mondiale (assurance-vie).

Avant de rejoindre Toulouse School of Economics, Christian Gollier a enseigné en Belgique, aux États-Unis, au Canada et en Chine, et a été professeur associé à l’École polytechnique et à HEC. Il est à l'origine de plus de quatre-vingt-dix articles dans des revues scientifiques internationales. Il a publié sept livres sur le risque dont "The Economics of Risk and Time" (MIT Press), qui a remporté le Samuelson Award en 2001 ainsi que le Prix Risques-Les Echos en 2002. Il est l'un des contributeurs du GIEC (le groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique), qui a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2007. Ses recherches s'étendent aux domaines de l'économie de l'incertain, à l'économie de l'environnement, à l'assurance et à l'analyse des coûts-bénéfices. De nombreuses récompenses prestigieuses lui ont été décernées pour ces différents travaux.