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Hélène Valade : Climat et biodiversité : même combat !
LE CLIMAT

Hélène Valade : Climat et biodiversité : même combat !

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#LE CLIMAT Entreprises

La directrice développement environnement du Groupe LVMH présente les actions menées par le numéro un mondial du luxe et ses 75 maisons.

Trop souvent méconnue, l’interdépendance entre biodiversité et changement climatique est pourtant très forte. L’augmentation des températures est l’une des principales menaces qui pèse sur les écosystèmes et pourrait être la cause première de la disparition ou de la migration d’espèces, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la santé, de l’Homme et de la planète. À l’inverse, la biodiversité fonctionne comme un immense puits de carbone, et les solutions fondées sur la nature, telles que les zones humides qui protègent les villes des inondations, pourraient constituer de puissantes réponses à l’enjeu du climat. La crise sanitaire sans précédent que nous sommes encore en train de vivre n’a pas amoindri la perception de ces enjeux : bien au contraire, elle les a révélés avec plus de force encore et incite les entreprises et les pouvoirs publics à redoubler d’effort pour y apporter des solutions.

En mettant au coeur de sa stratégie, la protection de la biodiversité, le Groupe LVMH et ses 75 Maisons proposent d’apporter des solutions d’adaptation au changement climatique, tout en préservant ce qui constitue la substance même de ses produits : la nature. La nature est en effet tout autant une source d’inspiration pour la fabrication de parfums, de champagne, de vêtements, de maroquinerie, issus des plus belles matières premières naturelles, qu’un sujet de préservation et de valorisation. Elle est, conjuguée avec la contribution à l’effort climatique, l’un des axes structurants de la politique environnementale proposée depuis 1992 par le Groupe.

Agir pour des produits 100% respectueux de la biodiversité est l’ambition du Groupe pour l’ensemble de ses secteurs d’activités. Dans le domaine des vins et spiritueux, sans terres vivantes, il n’y a pas de plantes vivantes, et sans plantes vivantes, il n’y a pas de raisin, de blé ou d’orge et donc pas de cognac, champagne ou whisky. L’enjeu est la préservation des sols et l’obtention de certification à haute valeur environnementale catalyse les bonnes pratiques pour promouvoir la biodiversité : les Maisons viticoles favorisent la mise en jachère, pratiquent les techniques de l’enherbement entre les rangs de vigne, qui améliorent la qualité des sols et permettent de lutter contre l’érosion. Ce faisant, elles transforment leurs sites en véritables réservoirs de biodiversité qui sont aussi des puits de carbone. Dans le secteur de la mode et la maroquinerie, l’objectif est de choisir les filières les plus respectueuses des espèces animales comme végétales. Elles doivent donc répondre aux meilleurs standards : c’est l’un des objectifs du Programme LIFE (LVMH Initiatives For the Environment) qui fixe des engagements datés-chiffrés notamment d’obtention des certifications les plus exigeantes pour l’approvisionnement en laine, cuir ou coton. Au-delà, c’est aussi l’amélioration de la gestion de l’alimentation des animaux et des pratiques d’élevage qui est visée pour atteindre une déforestation et une désertification nettes nulles avant 2025. Dans les parfums et cosmétiques, les Maisons ont, au fil des années, intégré la sustainability dans les codes du luxe et travaillé à régénérer la biodiversité : Parfums Christian Dior a ainsi contribué à réintroduire l’iris en Toscane ou la rose de Granville en France. Guerlain, en partenariat avec l’UNESCO forme et accompagne les apiculteurs pour préserver le rôle fondamental que jouent les abeilles dans la pollinisation.

 

La biodiversité fonctionne comme un immense puits de carbone, et les solutions fondées sur la nature (...) pourraient constituer de puissantes réponses à l’enjeu du climat.

 

La protection des ressources naturelles tout comme la réduction des émissions de CO2 passent aussi par l’adoption du modèle de l’économie circulaire : l’écoconception, le recyclage, la réutilisation ou le réemploi sont autant de chemins qui permettent de réduire les empreintes environnementales des produits ou de leurs packaging. De ce point de vue, la 7ème Edition du Prix LVMH, concours organisé pour les créateurs émergents est très emblématique. Elle a en effet, au travers des créateurs sélectionnés, privilégié en 2020 une vision innovante de la mode, résolument tournée vers le futur en récompensant la recherche de nouveaux matériaux, le recours au biotextile, l’usage de fibres recyclées, le souci d’un nouvel artisanat, la volonté d’une production raisonnable et locale.

Le constat est identique dans les Parfums et cosmétiques : au cours des dernières années, les efforts ont notamment porté sur l’allègement des emballages ou le concept d’emballage rechargeable. Plus de 80% des crèmes et sérums de Parfums Christian Dior par exemple sont commercialisés sous cette forme, tandis que l’écrin de la crème Orchidée Impériale de Guerlain est lui aussi rechargeable.

Le soutien à la recherche fondamentale et opérationnelle est également l’un des axes privilégié par LVMH pour oeuvrer à la protection de la biodiversité. « L’Homme et la biosphère ». Tel est le nom du programme scientifique intergouvernemental de l’UNESCO dont LVMH devient partenaire en 2019. Programme phare de l’UNESCO créé en 1971, « l’Homme et la biosphère » (MAB pour Man and the Biosphere) est un outil de coopération internationale dont les principaux objectifs sont de conserver la biodiversité et d’en traiter les aspects écologiques, sociaux et économiques, en s’appuyant sur plusieurs disciplines et en encourageant les approches novatrices. Le programme repose sur un vaste réseau d’acteurs et sur 701 réserves de biosphère réparties dans 124 pays, utilisées comme des terrains d’expérimentation. Le Groupe et ses Maisons vont s’appuyer sur ce réseau et sur l’expertise scientifique de l’UNESCO pour développer la mise en place de filières d’approvisionnement durable qui bénéficient socialement et économiquement aux populations impliquées.

Enfin, et pour rendre tangible la contribution de la protection de la biodiversité et du climat à la performance globale des entreprises, le Groupe LVMH, aux côtés d’autres acteurs, soutient la chaire Comptabilité Ecologique portée par la Fondation AgroParisTech qui vise à modéliser et expérimenter des comptabilités qui reconnaissent l’existence d’un triple capital : financier, humain et naturel. Avec une ambition forte : mettre au service de la transition environnementale de nouvelles méthodes comptables !

Hélène Valade, Directrice Développement Environnement du Groupe LVMH

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